PAOLO FINOGLIO (1590-1645) attribué à, « Martyre de Sainte U - Lot 232

Lot 232
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PAOLO FINOGLIO (1590-1645) attribué à, « Martyre de Sainte U - Lot 232
PAOLO FINOGLIO (1590-1645) attribué à, « Martyre de Sainte Ursule » huile sur toile (restaurations diverses) Le tableau est sur sa toile d'origine et son châssis ancien. Dim. à vue 107x152 cm. Dans un important cadre en bois mouluré, stuqué, doré et peint à décor de motifs stylisés. Dim. 129x170 cm. ATTILA vient de tirer une flèche dans le coeur de Sainte Ursule qui repose entre les bras d'un soldat. La couronne princière de Sainte URSULE tombe de ses cheveux. La scène se passe à l'intérieur d'une tente et on aperçoit par l'ouverture des cavaliers et des troupes. La sainte est peinte dans une gamme de ton froids et sa peau se pare d'une blancheur nacrée que rehausse la cuirasse noire du soldat qui la maintient. Son corps forme un arc qui vient en contrepoint du corps tendu et fermement arqué dans une posture de danseur. Sa veine jugulaire proéminente ainsi que les artères gonflées de son bras font le contrepoint du corps exsangue de la sainte. On observe donc un jeu de courbe en arc de cercle entre le torse d'ATTILA, l'arc et le corps de la sainte. La partie gauche du tableau incarne la vie et la tension musculaire alors que la partie droite évoque l'endormissement dans la mort et bientôt l'apothéose de la sainte. Dans un formidable jeu de superposition des mains en axe central, FINOGLIO crée une pantomime entre la vie et la mort. Deux soldats en arrière-plan d'ATTILA viennent conduire le regard du spectateur vers la scène qui se joue et qui est aussi une scène où l'amour divin transcende l'amour terrestre. Le traitement du pan de ciel en bleu de smalt a occasionné une perte de couleur et un obscurcissement de l'ouverture qui devait elle aussi figurer une blessure au coeur de l'oeuvre mettant en abime la déchirure du corps de la sainte. Sa restauration a été assurée par le Professeur William WHITNEY lors de l'entrée dans la collection. Nous remercions le Dottore BORGOGELLI de son analyse de l'oeuvre et de son intégration dans le corpus de FINOGLIO. Encore influencé par AZZOLINO, FINOGLIO crée ici une oeuvre charnière entre ses premières créations et le cycle de CONVERSANO. Communication écrite du Dottore Tommaso BORGOGELLI Traduction : Ce remarquable martyre de Sainte Ursule constitue une importante addition au corpus de Paolo FINOGLIO et peut être placé dans la quatrième décennie du 17e siècle. La peinture annonce et trouve son développement dans le Cycle de la Jerusalem Libérée de CONVERSANO (supra 1) dans lequel le peintre affirma sa maturité et l'autonomie de son style. On notera en premier lieu la figure d'ATTILA qui se trouve reflétée dans le personnage qui dans « RINALDO quitte l'Ile enchantée », place sa main sur l'épaule du personnage principal, l'invitant à se retourner. Cette même typologie du visage d'ATTILA Roi des HUNS se retrouve, tenant un bouclier dans le personnage du fond de CARLO et UBALDO appelant RINALDO à poursuivre son oeuvre. On retrouve aussi la posture du corps tendu en arc expression maniériste du style du peintre. On peut aussi rapprocher les deux soldats âgés de l'arrière-plan du martyre de la figure de Raymond de TOULOUSE et ARGANTE caractérisé par la même barbe épaisse, le même nez aquilin et les joues proéminentes déformées par l'âge dans le guerrier en armure de gauche. Le traitement poussé, les nombreux détails des armures et des vêtements se retrouvent de manière similaire dans le Martyre et le Cycle de CONVERSANO. FINOGLIO était marchand de tissus et sa connaissance de l'univers textile et des armures transparait dans les deux cas. Le Martyre de Sainte URSULE parait avoir été créé autour de 1630, probablement à la fin de la seconde période napolitaine de FINOGLIO. On ne peut, bien sûr, faire l'impasse sur les liens avec le prototype de Michelangelo MERIS dit CARRAVAGIO aujourd'hui au Palazzo ZEVALLOS de NAPLES. (Supra 2) On verra tout autant un lien fort avec l'oeuvre de Giovan Bernardo AZZOLINO, évident dans le traitement du visage de Saint URSULE. Supra 1 : présenté au Palais des Beaux-Arts de Lille dans le cadre d'une exposition mise en place par Arnauld BREJON DE LAVERGNEE. Cette exposition marqua l'arrivée de FINOGLIO dans l'univers caravagesque présenté en France Supra 2 : la composition du personnage de Sainte Ursule a aussi orienté l'attribution vers l'atelier de FINSON dont la reprise de la Marie Madeleine de CARRAVAGIO offre l'unique témoignage d'une oeuvre perdue.
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